CULTURE : ILY A 99 ANS, RENÉ MARAN, « écrivain de couleur » REMPORTE LE PRIX GONCOURT

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Le 30 novembre 2020, l’Académie Goncourt a décerné son 118ème Prix à Hervé Le Tellier pour son roman « L’Anomalie » (Gallimard).

Mais qui se souvient, qu’en 1921, la prestigieuse académie a, pour la première fois de son histoire, récompensé en écrivain « de couleur » : René MARAN pour son livre « Batouala ». La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe et suscité les gros titres des journaux de l’époque.

Le 15 décembre 1921, les journaux parisiens révèlent le nom du nouveau lauréat du prix Goncourt, plus importante récompense littéraire française : René Maran, un écrivain de 34 ans, pour son roman Batouala. Lequel décrit, du point de vue d’un chef traditionnel, la vie d’un village en Oubangui-Chari*, en Afrique-Equatoriale française.

« BATOUALA », roman publié en mai 1921.

« Quand j’écris « Batouala », j’ai voulu montrer l’Afrique telle que je la voyais. On a contesté avec âpreté et méchanceté tout ce que j’avais dit et pour démontrer que je m’étais trompé, on a étudié ce que j’avais vu. On a été obligé de dire que je disais la vérité. « Batouala » montre l’Afrique du temps des Européens ».

C’est en ces termes que René Maran décrit son livre.

René Maran,

Né le 5 novembre 1887 sur le bateau qui mène ses parents guyanais à Fort-de-France, est envoyé très jeune à Bordeaux. Au lycée Montaigne où il poursuit ses études, il noue une amitié indéfectible avec son compatriote Félix Eboué. Grand sportif, il apprécie le rugby et l’escrime. En 1909, il commence à écrire dans une revue lilloise d’art et de littérature : le Beffroi. Lorsqu’il publie « Batouala », il occupe un poste d’administrateur colonial sur les lieux mêmes où se déroule son roman. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. L’œuvre de René Maran a inspiré de nombreux écrivains. Grâce au travail du Guyanais dénonçant les dérives du système colonial français, André Gide dans « Voyage au Congo » (1927) puis Albert Londres dans « Terres d’ébène » (1929) sont parvenus au même constat que le prix Goncourt. André Maran est aussi considéré par Aimé Césaire, Léon Gontran-Damas et Léopold Sédar Senghor comme le précurseur du mouvement de la négritude. L’écrivain est mort à Paris le 9 mai 1960 à Paris.

*actuelle République Centrafricaine

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