BALADES&VOUS-16 : VANNES-1 : CONLEAU ET LA POINTE DES ÉMIGRÉS

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Quittons Séné et la presqu’île de Rhuys pour nous rendre à Vannes. Vannes, ville d’art et d’histoire, à laquelle nous consacrerons de nombreuses balades tant son patrimoine historique est riche.

CONLEAU

Pour rejoindre Conleau, nous emprunterons la navette Ile d’Arz-Conleau, puis nous ferons une brève escapade à la Pointe des Émigrés. Conleau, une île devenue presqu’île située à l’extrémité sud-ouest de Vannes et en face de Port Anna (Séné). Conleau, la porte de Vannes sur le Golfe du Morbihan. Conleau qui signifierait en breton « baies ». Conleau, lieu de promenade préféré des Vannetais qui ne se lassent pas, à la belle saison, de fréquenter cette station balnéaire sortie tout droit d’un projet de deux « inventeurs » au19ème siècle.

Ses dimensions ? 500m de long sur 100m de large et un point culminant à…10m.

Mais Conleau c’est aussi une page d’histoire de 7 siècles, de la villégiature des Evêques de Vannes du 13ème siècle à la station balnéaire d’aujourd’hui.

Éloignée de la ville de Vannes à une époque où l’urbanisation ne dépassait pas la ville close, Conleau offrait calme et repos. Dès le 13ème siècle, les Évêques de Vannes y possèdent une « maison de campagne ». Cette petite terre, recouverte de landes et de pâturages, restera jusqu’en 1568 propriété de l’Evêché. De 1570 à la Révolution, plusieurs propriétaires issus de la petite noblesse vont l’acquérir. Puis, à la Révolution, confisquée, elle est vendue comme bien national. Durant près de 70 ans, elle connaitra plusieurs acquéreurs. En 1851, Gustave de Lamarzelle, imprimeur-libraire à Vannes, l’achète. Il y aménage une cale de pierres sèches en 1852 pour l’accostage des bateaux. Et le 11 novembre 1876, le Parisien François-Marie Rouiller et le Vannetais Jean-Baptiste Pavot l’acquièrent pour la somme de 19000 francs. Ils ont un projet ambitieux et novateur : créer à Conleau une station balnéaire à l’image de celles déjà existantes sur la Manche et le littoral atlantique. Le chantier débute en 1877 par la construction d’une route-digue. Conleau est devenue une presqu’île. C’est le début d’une longue aventure à suivre ici :

XXe SIÈCLE

Les guides touristiques vantent les mérites de la station balnéaire vannetaise. Au début du XXe siècle, un projet d’une ligne d’omnibus reliant Conleau à Vannes est envisagé. Le projet fut abandonné en 1902. La Grande Guerre mettra un frein à cette belle aventure jusqu’en 1919, date à laquelle la ville de Vannes acquiert une grande partie de Conleau. En 1921, la « piscine » est à nouveau ouverte, le site réaménagé.

AUJOURD’HUI,

Si Conleau et sa plage (arborant fièrement depuis quelques années le convoité « pavillon bleu ») est la destination préférée des Vannetais, elle attire également nombre de touristes. « Le Roof » est devenu un hôtel-restaurant renommé, un rendez-vous des stars, des personnalités politiques, scientifiques et même des princes. Un camping y accueille les amoureux du plein air. Plusieurs restaurants y sont installés. On peut s’y embarquer pour se rendre sur l’Ile d’Arz ou faire le tour de Golfe grâce aux navettes. Des liaisons régulières d’autobus permettent de se rendre à Vannes et dans le pays vannetais. Et, enfin, un « petit passeur » assure la traversée vers Séné-Port Anna.

LA POINTE DES ÉMIGRÉS :

De la promenade de Rosvelec à Séné on voit la « pointe des Émigrés » et de la pointe des Émigrés on voit Séné. La pointe des Émigrés, une promenade appréciée des Vannetais. Un site naturel protégé aménagé de 3km de sentiers pédestres à travers pinèdes, landes et prairies qui offre un magnifique point de vue sur le Golfe du Morbihan et Séné. Mais pourquoi ce nom ? Au 18ème siècle, la Pointe des Émigrés s’appelait Pointe Kerero. Le 23 juin 1795 : c’est l’expédition de Quiberon, un débarquement organisé par les Emigrés pour venir prêter main-forte à la Chouannerie et à l’armée catholique et royale de Vendée. Cette expédition se solde par un désastre le 21 juillet 1795 ; Sur plus de 6 000 homme faits prisonniers par l’armée républicaine conduite par Hoche, 748 seront fusillés dans le Morbihan. 259 le furent à Vannes, le 28 juillet 1795 à la Garenne, la pointe de Kerero deviendra « Pointe des Émigrés » en leur hommage.

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