VANNES : 13 ET 14 JUILLET 2020, UNE GRANDE ABSENCE

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Elles devaient être les 35èmes Fêtes Historiques de Vannes. Un sacré anniversaire ! Mais l’épidémie du Covid-19 a tout chamboulé. Nous sommes le 18 avril dernier et le Président de la République vient d’annoncer la prolongation du confinement et la mise en place de l’état d’urgence sanitaire. Confinement, cela veut dire « rester chez soi ». Plus d’activités, plus d’animations, plus de vie collective.

Une question se pose alors : faut-il reporter ou annuler les Fêtes 2020 ?

Décision est prise : les Fêtes Historiques 2020 sont annulées et reportées au 13 et 14 juillet 2021.

Pour la 1ère fois depuis 35 ans (elles ont été créées en 1986), Vannetais et estivants vont devoir se passer de ce grand évènement festival et convivial qui réunit, chaque année, figurants, artistes et spectateurs dans les rues de Vannes pour partager, ensemble un page du riche passé de la cité vénète. Pas de feux d’artifice avec évocation historique non plus, le virus est toujours là, il circule et prudence oblige en interdisant tout rassemblement. Car, les Fêtes Historiques c’est, chaque année, plus de 100 000 spectateurs.

En 2020, le thème devait être « L’exil du Parlement de Bretagne à Vannes en 1675 » ; ce sera donc celui de 2021. Rendez-vous est pris. Mais laissons la parole à Jean-Philippe BRETON, créateur et Directeur Artistiques des Fêtes Historiques :

1675-1690 : L’EXIL DU PARLEMENT DE BRETAGNE A VANNES

À noter tout d’abord que le terme « exil » est impropre, il s’agit du transfert du Parlement de Rennes à Vannes. Il y a 345 ans, les révoltes successives en province (celle des « Bonnets rouges » en Bretagne) provoquent un durcissement de la politique royale vis-à-vis des provinces. Après Bordeaux, Louis XIV décide, le 18 septembre 1675, le transfert du Parlement de Bretagne, jugé trop laxiste à gérer ces révoltes, de Rennes à Vannes. L’ordre du Roi est impératif, il interdit immédiatement toutes fonctions et exercices à Rennes. Les délibérations doivent cesser aussitôt. Archives, registres, tapisseries, meubles et même les prisonniers en cours de jugement doivent être acheminés à Vannes.

Au 17ème siècle, Vannes, ancienne ville ducale est une ville importante avec privilèges royaux. Elle a déjà été par le passé siège de la cour souveraine entre 1535 et 1553 et accueilli de nombreuses fois les États de Bretagne. Elle est aussi ville épiscopale et abrite le siège d’une sénéchaussée présidiale depuis 1553. Un collège y est installé depuis 1577 et géré par les Jésuites dès le début du 17ème siècle. Enfin, la ville n’a pas ou peu pris part aux troubles du printemps et de l’été 1675. Dès le 29 octobre, le Parlement siège pour la 1ère fois à Vannes dans les anciens locaux du Présidial, au-dessus de la Cohue de la ville. On y installe la Grande Chambre tandis que les archives sont déposées à Château-Gaillard où réside le 1er Président.

Ce transfert va provoquer un véritable exode démographique vers Vannes. Pas moins de 7000 personnes vont devoir y trouver logement. La ville va donc connaître une urbanisation intra et extra muros. Ainsi, Pierre Le Vacher, banquier vannetais fait construire en 1685-1686 un immeuble rue Saint-Vincent comprenant cinq chambres, des caves, greniers, lieux d’aisances, écuries etc… Les constructions d’immeubles se multiplient partout en ville, rue Saint Vincent, rue Neuve, quai de la Boucherie, dans les faubourgs… C’est une aubaine pour les artisans et les commerçants de la ville d’autant que la municipalité entreprend également des travaux : de nouvelles portes sont percées comme la porte Poterne, des rues sont pavées ou repavées, et des nouvelles fontaines sont construites, Vannes étant très mal approvisionnée en eau potable.

L’exil du Parlement de Bretagne va durer quinze ans. En 1690, le Parlement est autorisé par lettres patentes du roi à réintégrer la ville de Rennes. La ville de Vannes restera marquée par le passage de la cour souveraine qui a contribué à faire de Vannes une ville véritablement moderne et non plus une ville médiévale.

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