REPORTAGE : BIODIVERSITÉ : LE BLOB, CRÉATURE NON IDENTIFIÉE

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Peut-être l’avez-vous déjà croisé au détour d’un chemin forestier, sous la forme d’un tapis mousseux jaune, sans vous douter que vous aviez sous les yeux un casse-tête pour l’arbre du vivant. Peut-être aussi l’avez-vous vu dans votre cave.

LE BLOB,

Je ne suis qu’une cellule, pas de cerveau, pas de neurone, mais je résous des problèmes, je peux me déplacer d’un centimètre par heure, voire 4 si j’ai très faim et je peux quasiment mourir mais revivre en étant placé au micro-onde. Qui suis-je ? Le blob, un organisme vivant non identifié… Ni animal, ni plante, ni champignon, je suis une curiosité biologique composée d’une unique cellule mais capable de comportements complexes.

NI ANIMAL, NI PLANTE, NI CHAMPIGNON : LE BLOB

Le blob, de son vrai nom Physarium Polycephalum, est un organisme unicellulaire sans yeux, ni bouche, ni estomac, qui pourtant voit, digère, s’accouple et sent. 

Son nom scientifique lui a été donné en 1822 par le mycologue américain Lewis David von Schweinitz. Ce mélange de grec et de latin signifie littéralement « petite vessie à plusieurs têtes ». Rattaché au règne des amibozoaires, cet organisme intéresse depuis des décennies la communauté scientifique pour ses capacités de régénération, d’apprentissage (alors qu’il est dépourvu de tout système nerveux), mais aussi pour sa capacité à se développer en réseau optimisé. 

Son surnom de « blob » vient de son manque de forme particulière et en référence aux autres utilisations du mot blob, notamment du film de science-fiction avec Steve McQueen The Blob d’Irvin S. Yeaworth Jr. sorti en 1958 et qui a pour personnage central un extraterrestre géant et gluant qui grossit en avalant les humains.

Le blob a précédé le règne animal

Organisme primitif apparu il y a 500 millions d’années, avant le règne animal, le blob sait se faire discret. Bien à l’abri dans des habitats sombres et humides. Cet être unicellulaire étonne par ses surprenantes aptitudes. Alors même qu’il n’a ni bouche, ni estomac, ni yeux, il arrive parfaitement à détecter la présence de nourriture (des spores de champignons, bactéries et microbes) et à l’ingérer.  Dépourvu de jambes, de pattes ou d’ailes, il se déplace pourtant jusqu’à 4 cm/h en étirant sa membrane.  Découpez-le en morceaux, le blob cicatrisera en deux minutes ! Il n’a pas 2 sexes différents, mais près de 720, la reproduction n’est donc pas un problème pour lui.  Le plus étonnant est sa capacité à résoudre des problèmes, présenter différentes personnalités, et même communiquer, alors qu’il est dépourvu de cerveau ! Cet être vivant hors normes est quasi immortel, il ne craint que la lumière et la sécheresse. En cas de danger, il se met en hibernation et se sèche, mais un peu d’eau et le voilà reparti ! Malgré son absence de système nerveux, il peut cependant mémoriser en absorbant des substances.

La créature peut atteindre jusqu’à 10 mètres en laboratoire, où l’on peut aussi la subdiviser en la découpant. Grâce au courant circulant son réseau veineux, le blob bouge, à raison de 1 à 4 centimètres par heure.

La nouvelle star du parc zoologique de Paris

Le blob s’est fait malgré tout une place au zoo de Vincennes. Cet être unicellulaire, sans cerveau ni neurone mais doué d’intelligence, a fait une entrée remarquée, le 19 octobre, en prenant ses quartiers  dans le vivarium où le public peut y faire sa connaissance.

Le parc zoologique de Paris est le premier à accueillir cette espèce non animale, et c’est une première mondiale.

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