HISTOIRE et PATRIMOINE : « DES LARMES DE GRANIT » AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU MORBIHAN JUSQU’AU 28 JUIN 2019

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C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD « Le dormeur du val »

« DES LARMES DE GRANIT », APRES LA GRANDE GUERRE, SE SOUVENIR.

« Lorsque le tocsin sonne en cet après-midi du 1er août 1914, dans toutes les localités du Morbihan, c’est le début de quatre années terribles de guerre qui vont marquer profondément la population. À partir du 4 août, ils sont 73 000 Morbihannais à partir combattre l’ennemi, l’armée allemande. Parmi eux, Joseph et Jean, la trentaine, respectivement agriculteur et boulanger de leur état mais aussi le père Isidore, tous habitants du même village. Ils laissent derrière eux, leurs familles, leurs voisins, leurs terres et leur paroisse (…) ».
En cette année de commémoration du centenaire de l’armistice, le Département vous propose de découvrir la nouvelle exposition des Archives Départementales consacrée à la grande guerre, aux commémorations d’après-guerre et plus particulièrement au décryptage de la symbolique des monuments aux morts.

Cette exposition  vous invite à mieux comprendre au travers de récits de vies et de différents supports, la valeur et le symbole de ces monuments du souvenir, pour les Morbihannais, sortis bouleversés de ce long conflit. Elle dévoile les destins entrecroisés de sept Morbihannais entre 1914 et 1921, entraînés dans les tourmentes de la Première guerre mondiale. 

Le visiteur, tablette multimédia en main, se laisse guider par la voix de Joseph Carriou, soldat de la Grande guerre. Ce soldat est fictif, son histoire a été tissée à partir de faits vécus par plusieurs poilus.

Un parcours dans l’histoire en 3 temps…

Le visiteur pénètre d’abord dans un tunnel qui évoque la guerre avant de déboucher sur la place du village. Six personnages sont là. La femme du soldat, son fils, le curé, le maire, le boulanger, le voisin. On découvre la vie du village. La mobilisation. 

En quatre ans, 125 000 Morbihannais ont été mobilisés. 25 000 ne sont jamais revenus. Un sur cinq. Sans oublier les blessés, les traumatisés.

À l’armistice les absents vont hanter les esprits.  Souvent le deuil est impossible faute de corps. Pour les soldats revenus du front le besoin est impérieux de ne pas oublier les camarades morts au combat, morts pour la France. Au cœur des villages vont se dresser des monuments pour leur rendre hommage. Trois symboliques majeures ressortent de ces productions : la Nation ou la Patrie, la Victoire et le Sacrifice.

La visite se poursuit par un travail photographique signé par Illés Sarkantyu qui a parcouru le Morbihan, étudiant et scrutant ces monuments du souvenir. Un détail, une lumière, l’artiste a mis en scène cette production mémorielle et nous livre son regard cent ans après la fin du conflit. Il invite le visiteur à redécouvrir ces mémoriaux devant lesquels les passants se promènent sans parfois les voir… . Une immersion dans un passé si proche. Même si les derniers témoins ont disparu. Il reste ces sculptures de soldats, de veuves recueillies. Et ces dizaines, ces centaines, ces milliers de noms gravés…

« J’ai trouvé ma place dans les gravures d’un monument. Ça ne voudra sans doute plus rien dire dans 100 ans, mais pour l’heure c’est une façon de ne pas tomber dans le néant, je suis mort, mort pour la France…». Ces mots sont ceux de Joseph. Le visiteur ne les lira nulle part». Il les entendra, à travers la voix du conteur Achille Grimaud.

Gaëlle Flao a illustré l’exposition, Achille Grimaud en a écrit les textes et Mikaël Gaudé a créé des ambiances sonores.

EXPOSITION « DES LARMES DE GRANIR »- 11 NOVEMBRE 2018-28 JUIN 2019

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DU MORBIHAN

Rue des Vénètes – Vannes

Ouverture du lundi au vendredi de 9h à 17h30

Et les dimanches 13 janvier, 10 février, 10 mars, 14 avril etn16 juin 2019.           

Entrée libre

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