REPORTAGE : MARAIS SALANTS DU MORBIHAN (5) : «LE DEVENIR AU XXe SIECLE» LES RESERVES

Share

Une réserve naturelle, la réserve de FALGUEREC en Séné.

Située au fond du Golfe du 56, à l’Est de Vannes, la presqu’Ile de Séné s’étend sur 47 kms de côte.

Les anciens marais de Falguérec sont maintenant, espaces naturels fréquentés par nombre d’oiseaux nicheurs et migrateurs. Cette réserve, située sur un terrain au caractère insulaire ou semi insulaire est formée de plusieurs presqu’îles la bordant : Pen Aval, Michotte, Mezantré, Bronel et Dolan qui l’isole du reste de la commune par des étendues de prés salés ou zones inondables.

Ces marais salants ont été créés et aménagés entre 1723 et 1742.

Une carte d’Etat-Major du XIXe siècle montre des endigages en divers points de la commune qui ont permis de beaucoup réduire les zones inondables et de connecter les iles au continent.

Le déclin de l’activité salicole a débuté en 1850. Les marais ont été vendus à des agriculteurs et paludiers. Le dernier paludier a cessé ses activités en 1951.

Au début de 1960, l’intérêt biologique des anciens marais de Séné refait surface principalement pour la reproduction ou l’accueil des oiseaux d’eau migrateurs.

L’idée d’une RESERVE NATURELLE est alors évoquée pour la 1ère fois.

Un programme se met en place.

En avril 1979, les dons recueillis par la SEPNB (Société pour l’Etude et la Protection de la Nature en Bretagne) permettent l’achat des anciennes salines du Petit Falguérec pour 14 ha avec pour objectif 2 pôles :

Préserver les marais et leur avifaune,

Développer la sensibilisation du public à la préservation des zones humides.

Le 21 août 1996, le décret ministériel N° 96-746 classe 410 ha rive ouest de Noyalo en réserve naturelle qui est confiée en octobre 1997 à l’Amicale de Chasse de Séné, Bretagne Vivante, SEPNB et SENE.

En 2002, la superficie de l’espace protégé passe à 530 ha, soit le plus grand espace naturel du Golfe du Morbihan.

La richesse de ses espèces en fait le site en Europe le plus remarquable en biodiversité et peuplement d’oiseaux d’eau avec des avocettes élégantes, des spatules blanches, des Tadornes de Belon, des papillons multicolores, des insectes étonnants, des plantes des marais…

L’équipe de la Réserve Naturelle de SENE, devenue experte de la conservation des milieux naturels, ses compétences touchent autant le littoral que les zones humides, les prairies, les landes et les milieux bocagers.

Mais laissons la parole à Guillaume GELINAUD, Conservateur de la Réserve Naturelle des Marais de Séné : (interview réalisée à l’occasion des 20 ans de la Réserve) :

Larmor Baden, ESPACE SENSIBLE mais aussi RESERVE ORNITHOLOGIQUE

Les origines des Marais Salants de Pen en Toul remontent au XIXe et sont aujourd’hui Réserve Naturelle dotée de balades guidées depuis Larmor Baden.

C’est une des dernières baies naturelles du Golfe du Morbihan prises en tenailles par des promontoires rocheux.

Au 19ème siècle, faisant suite à une concession d’endigage liée à la création d’une nouvelle exploitation de récolte de sel, une « digue-route » fut construite transformant totalement cet espace naturel marin en un vaste marais formé d’une zone consacrée à l’activité salicole et une étendue marécageuse saumâtre.

160 ans plus tard, le milieu s’est rééquilibré autour de ces traces toujours perceptibles.

Initialement nommée Anse de Trévras (Le Grand Passage), ce marais porte aujourd’hui le nom de « Baie de Pen en Toul ».

A l’origine, l’anse s’étendait sur plus de 65 ha, isolée de la mer au sud et au sud-ouest par un large cordon littoral entre Larmor et Locmiquel, alors qu’un étroit goulet en assurait le débouché sur la baie de Kerdelan, coupé aujourd’hui par la « digue-pont » qui sert d’assise à la RD316, reliant Larmor Baden à Vannes.

A chaque marée, les échanges d’eau s’effectuent par 2 vannes à crémaillères situées à chaque extrémité.

Par la suite, ce lieu a bien failli terminer en décharge… mais une nouvelle orientation oscilla :

entre l’aquaculture avec affinage de l’huitre et l’élevage des crevettes pénéïdées et un espace ornithologique qui pourrait permettre de conserver la qualité paysagère du site ainsi que l’accueil de populations d’oiseaux.

Le Ministère de l’Environnement privilégia l’Espace Naturel, mettant en valeur la beaut magique de ce lieu classé.

Ce lieu accueille autant d’avocettes que de Chevaliers de Barges, de Spatules blanches, tadorne de Belon et aussi de râle d’eau, de bécassines, de balbuzard ou aigle pêcheur… sans oublier les migrateurs tels le faucon pèlerin, le faucon hobereau ou une grande palette de bécasseaux dont le bécasseau Corcoli à l’automne, voire même de bécasseau Bonaparte.

Pour y maintenir une telle faune, un tel équilibre, les acteurs de terrain ont rivalisé d’imagination. Pour exemple, ils ont construits des « nichoirs flottants du marais » afin de garantir la pérennité des sternes ou hirondelles des mers…

La gestion de l’eau y a été également largement étudiée au niveau de la digue, des niveaux de la position du marais dans le marnage du Golfe, le vidage, la qualité de l’eau, les eaux pluviales, les niveaux maxi d’eau ainsi que la réglementation.

Des visiteurs viennent de loin, de Hollande, du Royaume Uni, de toute l’Europe pour en percer les secrets…

Jean François BERTHOU, Président de« La Vigie Pen en Toul »

Jean François Berthou, président de l’association « La Vigie de Pen en Toul », en charge de la protection du marais de Pen en Toul, veille toujours au bon fonctionnement de ce dernier, même si ceci est devenu quelque peu problématique.

Ce marais actuellement géré par la SEPNB, Bretagne Vivante, n’est plus à l’image du passé où il était fort bien entretenu, (broussailles arrachées, herbes envahissantes aussi, arbres et haies proprement taillés…), avec un gardien sur place, où le public pouvait venir, par petits groupes, y observer les oiseaux des points d’observation avec longues vues mises à disposition…

Aujourd’hui, des grillages en barrent l’accès, le pourtour est largement protégé certes afin que les oiseaux migrateurs, la faune ne soit pas dérangés, le passage qui longe la digue où passe la route est interdit au public, (risque d’effondrement). Il était pourtant fort pratique pour le passant, le visiteur qui pouvait y faire des photos, quelques vidéos, à l’abri du passage des voitures qui ont juste la place pour se croiser… et sans déranger les oiseaux…

Ce magnifique marais, fierté des Larmoriens qui voyaient, au fil du temps, les amis de la nature venir de partout en France, de toute l’Europe et même plus pour le visiter… semble, tomber quelque peu en désuétude… Pourtant, pour celui qui le désire vraiment, que de trésors en lui-même cachent il encore ?… et sont à y découvrir chaque jour si on se donne la peine d’en faire le tour « in fine »…

Tout au long de cette interview, vous pouvez découvrir Jean François Berthou en parler avec tellement de passion et d’émotion dans la voix :

Le DUER en Sarzeau

Le Marais du Duer, Espace Naturel Sensible appartenant au Conseil Départemental du Morbihan est également classé en arrêté de Protection de Biotope (APPB).

Situé dans la baie de St Colombier, à la périphérie de la zone de tranquillité, il correspond à d’anciennes salines créées au 15ème siècle, exploitées jusque 1950, puis utilisées à des fins piscicoles ou cynégétiques avant leur acquisition par le département. En 1995, le département a acheté env. 26 ha au titre des Espaces Naturels Sensibles confiés à la commune de Sarzeau.

En 1992, Le DUER a fait l’objet de la création d’un APPB règlementant différentes activités sur le site dont notamment l’interdiction d’accès à l’intérieur du marais afin d’assurer la quiétude des oiseaux.

Il en a résulté d’importants travaux de restauration et réhabilitation et la mise en place d’une gestion pastorale avec des moutons dits « Lande de Bretagne ». De plus, deux observatoires ont été installés à l’arrière du marais afin d’en faciliter l’observation des oiseaux.

Ainsi, le DUER joue un rôle important lors de la migration des oiseaux qui le fréquentent surtout à marée haute.

On y retrouve la sarcelle d’hiver, la barge à queue noire, le courlis cendré, la spatule blanche et bien d’autres… et au printemps, l’échasse blanche, la sterne pierregrain, la tadorne de Belon qui viennent s’y reproduire…

Environ 160 espèces d’oiseaux ont pu être observés sur le site.

Le Marais du DUER est facilement accessible. Deux observatoires et le chemin qui le longe en partie sud en facilitent l’observation. Par contre, au Nord, le long de la digue est strictement interdit.

Cette agréable promenade permet de rencontrer le mouton de Landes de Bretagne, race rustique menacée d’extinction, introduite sur le site en 1999, pour à la fois sauvegarder la race et entretenir le site par le biais du pâturage.

Marie NIQUEL

Le 7 novembre : Marais littoraux, marais endigués, économie et tourisme.

Share