HISTOIRE et PATRIMOINE : Benjamin FRANKLIN débarque à Auray

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Le 4 décembre 1776, Benjamin Franklin, délégué par le Congrès des Etats-Unis d’Amérique pour négocier « un traité de commerce et d’amitié avec la Cour de France», débarque en Bretagne, à Auray.

Nombreux furent les Bretons qui s’illustrèrent lors de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis, à la fin du XVIIIe siècle. C’est aussi chez eux, à Auray, que débarqua un des plus célèbres « insurgent » américain : Benjamin Franklin. Homme de lettres, scientifique et fin politique, il reçut aussi un chaleureux hommage à Vannes et Nantes avant d’aller représenter son pays à la Cour de Versailles.

Il fait sensation au moment où il débarque. Il porte sur la tête une espèce de toque en fourrure de raton laveur qui remplace la perruque qu’il portait sur le voilier et qui s’est envolée. Un drôle de look pour cet homme qui souhaite se rendre à Versailles pour y défendre, auprès de Louis XVI roi de France, la cause du plus jeune pays de son temps : les Etats-Unis d’Amérique.

Une arrivée que Philippe Carrer décrit ainsi : « Franklin aperçoit un groupe de paysans et s’approche d’eux. Ils ont de longs cheveux, des chapeaux noirs à larges bordes, des vestes courtes, des culottes bouffantes, des guêtres serrées. Il leur adresse la parole. Ils ne comprennent ni son anglais, ni son français qui est à l’époque, très sommaire. Plus tard, Franklin dit qu’il avait reconnu en eux des Bretons, plus anciens que les Anglais. »

POURQUOI AURAY ?

Un petit navire de guerre, le Reprisal devait le mener tout droit jusqu’à Nantes, mais des vents contraires vont en décider autrement. Le navire doit jeter l’ancre dans la baie de Quiberon. Benjamin Franklin se retrouve donc contraint de rejoindre la terre ferme en empruntant un voilier qui le débarque dans le petit port de Saint-Goustan à Auray, le 4 décembre 1776.

Peu de jours après son débarquement, Benjamin Franklin doit repartir en direction de Nantes mais par la route cette fois-ci, en passant par Vannes

Port de Saint-Goustan à Auray en 1776.

BENJAMIN FRANLIN, ECRIVAIN, SAVANT ET HOMME POLITIQUE

Le 4 juillet, le Congrès américain proclame l’indépendance.

Parmi les rédacteurs de cette déclaration figure une des personnalités les plus importantes du XVIIIe siècle : Benjamin Franklin un des Pères fondateurs des Etats Unis.

Né en 1706, à Boston, dans une famille de commerçants. Formé à l’imprimerie, il déménage en 1723 à Philadelphie où il deviendra imprimeur puis, plus tard, éditeur du Pennsylvania Gazette. Ses affaires lui apportent une aisance financière qui lui permet alors de se consacrer à la philanthropie et aux sciences.

Humaniste et franc-maçon, il estime que l’éducation et la culture doivent être accessibles à tous. Aussi crée-t-il des sociétés littéraires, des clubs de discussions tels que la « Junte », ainsi que la première bibliothèque à abonnement. Il publie également des almanachs instructifs comme l’Almanach du pauvre Richard (Poor Richard’s Almanack).

Le scientifique

Ses activités ne se limitent toutefois pas aux travaux de plume. En effet, il se passionne également pour les sciences et étudie notamment l’électricité. Après avoir mis sur pied un appareil de chauffage, dit « cheminée de Franklin », il se concentre sur les phénomènes orageux. Sa célèbre expérience du cerf-volant en pleine tempête lui permet de prouver que la foudre se compose bel et bien d’électricité (1752).  On lui doit notamment la création du paratonnerre en 1744 qui lui vaut une reconnaissance internationale.

Bientôt, ses activités s’étendent à la politique des colonies américaines en général. Devenu maître des Postes en Amérique britannique en 1753, il soumet au congrès d’Albanie un projet d’union des colonies dès l’année suivante. Mais ses idées sont loin de faire l’unanimité et il est encore trop tôt pour mettre en œuvre un tel dessein.
D’une popularité croissante, Benjamin Franklin est sollicité pour se rendre à Londres en 1757, afin de défendre les intérêts des colons pennsylvaniens. Il reste en Angleterre jusqu’en 1752 et négocie l’abrogation du Stamp Act, une loi de taxation imposée aux colonies par la Grande-Bretagne.

En 1775, débute la guerre d’indépendance qui oppose les colonies américaines à la domination de l’empire britannique. Georges Washington a été nommé à la tête de la nouvelle armée américaine qui reste à structurer.

Au cœur du conflit entre les Britanniques et les « insurgents », Franklin doit assumer la lourde tâche d’obtenir le soutien français.

Les Insurgents ont besoin d’armes, d’uniformes, de vivres. Ils vont en trouver chez les Français qui voient, d’abord, dans cette cause une manière de se venger de la perte des colonies voisines du Canada. Le trafic d’armes est parfaitement toléré dans les ports atlantiques du royaume et, parmi ceux-ci, le port de Nantes se montre particulièrement actif. Les corsaires américains, qui tentent de couper les lignes de ravitaillement anglaises savent qu’ils peuvent faire relâche dans les ports bretons.

Dans ce contexte, le Congrès américain décide de lancer un plan d’action diplomatique vers la France. Trois commissaires sont désignés : Benjamin Franklin, Thomas Jefferson (qui sera finalement remplacé par Arthur Lee) et Silas Dean. Benjamin Franklin quitte alors Philadelphie et embarque, avec ses deux petits-fils, le 26 octobre 1776 pour un voyage long et périlleux car l’océan Atlantique est sillonné par de nombreux navires anglais…

 Il se rend donc à Paris en 1776. Sa bonhomie et son esprit conquièrent rapidement les intellectuels de la capitale, parmi lesquels figurent Buffon, Robespierre et Mirabeau. C’est ainsi qu’il finit par obtenir du roi Louis XVI et de La Fayette l’envoi d’une armée et un soutien financier aux troupes américaines.

Les dernières années

Benjamin Franklin rentre triomphalement en Amérique en 1785. Il est aussitôt élu président du Conseil exécutif de Pennsylvanie, puis participe à la rédaction de la Constitution fédérale américaine.
Fatigué, Franklin se retire ensuite de la vie publique et passe ses dernières années à Philadelphie. Il s’éteint le 17 avril 1790, à 84 ans, laissant derrière lui de nombreux écrits, dont ses Mémoires, un formidable témoignage historique de l’Amérique.

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